Pied de nez aux intempéries. Les habitants de Tafraout et de sa région sont allés par monts et par vaux pour assister à la 2e édition du Festival des amandiers.
Ils se sont déplacés en masse pour assister aux activités du festival dédié à l’arbre mascotte de Tafraout: l’amandier.
Un événement qui n’est pas le fruit du hasard, mais qui tire, en fait, son origine des traditions ancestrales de la ville de Tafraout. Une festivité qui avait disparu sous l’effet de deux décennies de sécheresse. «Nous avons décidé de faire revivre cette vieille tradition pour trois raisons. D’abord, promouvoir une activité dans cette région qui connaît une certaine somnolence l’hiver, favoriser une économie sociale et investir dans un arbre fruitier d’avenir qu’est l’amandier», explique Brahim Ouchahid, président de l’association Louz, laquelle est à l’origine de la résurrection de cet événement.
Le festival a pour objectif de redynamiser l’économie sociale et solidaire dans cette région montagneuse, faire la promotion des produits du terroir et créer une dynamique autour de la filière de l’amandier. Un fruit qui présente un grand potentiel économique pour la région. Le calendrier de l’événement n’est pas fortuit. Il coïncide avec la floraison de l’amandier. Mais cette année, il coïncide également avec le mauvais temps qui sévit dans toutes les régions du Maroc. Et dans cette région, il a fait beaucoup de dégâts. Des inondations aux quatre coins du Souss. Des routes coupées parce qu’abîmées par les crues sur plusieurs dizaines de kilomètres. Déjà que ces axes routiers ne faisaient l’objet d’aucun entretien. Pis encore, la construction d’une liaison ferroviaire et encore moins d’un train à grande vitesse (TGV) n’est pas à l’ordre du jour. Les habitants de la région se demandent d’ailleurs si la tutelle a prévu un budget pour colmater ces centaines de nids-de-poule qui ponctuent les routes. En attendant, certains habitants de douars enclavés doivent profiter d’un moment de répit pour faire leur approvisionnement en produits de base avant que le mauvais temps ne reprenne de plus belle.Si les habitants de Tafraout sont réputés être de redoutables commerçants, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup de poches de pauvreté. Et c’est justement la raison pour laquelle le festival veut contribuer à la genèse d’une nouvelle forme d’économie dans cette région. Ainsi, des conférences sur l’économie sociale et solidaire et les moyens d’en diversifier les ressources ont été organisées.
L’amandier revêt une grande importance comme source de revenus pour les habitants. Mais comment concrétiser ce vœu pieux sachant que la région souffre d’un déficit chronique en ressources hydriques? Selon Selma Daoud, enseignante à la faculté Ibn Zohr d’Agadir, «la région Souss-Massa-Daraâ, qui est semi-aride à subdésertique, reçoit annuellement des précipitations faibles et irrégulières. Elles ne dépassent pas 250 mm en 20 à 30 jours». D’où la nécessité de trouver des solutions novatrices pour une bonne économie de l’eau. La collecte des eaux pluviales a été présentée comme étant une technique indispensable pour une culture durable de l’amandier.
L’événement visait également à favoriser le développement de l’économie des montagnes. Ainsi, comme l’explique Abdeljalil Cherkaoui, président du Réseau marocain de l’économie sociale et solidaire (Remess), «la création de la richesse doit d’abord s’appuyer sur les potentialités de la région». Il s’agit de faire preuve de beaucoup d’ingéniosité afin d’optimiser au maximum les opportunités propres à chaque région. Des opportunités qui peuvent toucher des secteurs aussi variés que le tourisme, les produits du terroir, les produits de l’artisanat. L’expert, qui est également directeur général de l’Entraide nationale, ajoute qu’il faut «s’appuyer sur le savoir-faire local tout en adoptant une organisation appropriée». Celle-ci peut être une coopérative, une association ou encore un groupement d’intérêt économique.
Au cours du festival, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, a inauguré le périmètre d’Aguerd Oudad (14 ha d’amandiers), qui a été équipé d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte. Coût de l’opération: un million de DH. Le second est encore à l’état de projet. Il s’agit d’Ighalen, un périmètre de 20 ha. A signaler également des projets d’aménagement des seuils de protection sur oued Tafraout, l’opération de recharge de la nappe phréatique de oued Ammelen…
Source: L'Economiste
Commentaires (1)

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Comme vous le avez, notre région est enclavée et a besoin de bcp de projets afin de la sauver et lui donner la possibilit d'expension.
Il faut absolument créer un lobby pour affronter les minitères qui ne font absolument rien pour cette région dont les originaires payent plus d'impôts que n'importe quelle autre région du pays (industriels- commerçants-MRE- agriculteurs etc..). Tafraout a besoin d'hôpital- de centres de santé dans les caïdats- maisons de jeunes- terrains de sport- bibliothèques et centres culturels centres de formation professionnelle etc...
Il faudrait aussi faire une étude approfondie pour déterminer les centre, régions et douars où il y as la possibilité de d'y idifier des barrages (grands & collinaires) et où planter les zones étendues en arboricul-ture (amandiers- caroubiers- figuiers- palmiers & arganiers).
Je propose à tous les adhérents & amis du site de bombarder Mr. Akhanouch en lui adressant leurs remarques et leurs suggestions dans ce cadre.
Sincères salutations. A.Sabri